2009

FLESH I

L'ISELP - Brussels

Institut Supérieur des Etudes du Language Plastique

November 2009


 

 

Le corps minéral et humain

Bien plus puissants, se révèlent les dessins au stylo à bille de Dany Danino (1971, Bruxelles, où il vit et travaille), aussi bien la série des crânes, vanités habitées de tous les foumilements de la pensée, de la mémoire et des actes, que les grandes toiles envahies par le bleu des tourments,des rêves,de la mémoire,des désirs, de la passion et des échappées fantasmagoriques peut être pas toujours avouable.Chaque oeuvre est une incroyable concentration de corps, d’objets,de symboles,de visages,d’animaux,de références parfois artistiques,de personnages…,une sorte de tohu bohu duquel l’être humain doit impérativement se sortir s’il ne souhaite pas plonger dans la folie. Une oeuvre forte, maitrisée et intensément symbolyque.

Claude Lorent - La libre Belgique - 21 October 2009

 

 

 

 

 

Corps (méta)physiques

Dany Danino (1971 - Vit et travaille à Bruxelles), la peur du vide est conjurée par le foisonnement. Après un passage par l’abstraction, il se consacre depuis quelques années à l’élaboration de dessins figuratifs (Destructions, Organes, Squelettes…) expressions de ses obsessions et phantasmes les plus profonds. A l’aide du stylobille, outil simple et aride, il compose une surface physique dense, saturée de détails. Dans les Crânes, la paroi osseuse devient membrane charnelle, tatouée d’images expansives, aux traits entrelacés, trace d’un geste obstiné.
Un magma informe de motifs et figures amalgamées, stigmates du tumulte de son monde intérieur. Un univers chaotique et cataclysmique où Eros et Thenatos, substance vivante et pulsion destructrice se débattent en vain et expriment toute la tragédie de la condition humaine. Une matière à l’exubérance dionysienne apposée sur un crâne, ce corps caverneux du genre humain, soumis à la fuite du temps et de la mort.

Sandra Caltagirone - L’art Même 44 -  September 2009

 

 

Un cadavre au goût exquis

Taraudé depuis toujours par la question de la figuration et de ses multiples avatars, Dany Danino propose, dans cette nouvelle série, un développement inédit de formes enchevêtrées, s’inscrivant sur une surface clairement délimitée par les contours d’une boîte crânienne. L’artiste a délaissé la matière picturale pour adopter un médium strict : le stylo à bille, allié de la technique précise du dessin. Leur union crée un graphe bleuté sur la toile, un chevauchement de passages linéaires aux évocations multiples. Le surgissement d’une vie puisée au sein de sa propre chair.

À y regarder de plus près, on se perd dans une profusion de lignes convulsives qui mène à un tourbillon de pensées, surgi d’un trait animé par une main frénétique. Une forme définie se voit saturée de corps érotisés, de crânes individualisés voire de réminiscences historiques, artistiques, religieuses autant qu’intimes. Les yeux n’ont plus qu’à se poser sur ces diverses allégories à la vie ou à la mort, sur ces divers fantasmes mis à nu où l’individuel rejoint le collectif. Le tragique du monde, lié à l’ironie d’une époque, d’un homme se décline subtilement en ce qu’il a de plus vorace et de plus séducteur à la fois.

Mémoire de mon crâne.

Issu de multiples observations et impressions personnelles, le tracé de ces circonvolutions, aux accents doux-amers, fait sens par association. En effet, ces obscurs rapprochements sont le fruit d’images rejaillies du fond de la mémoire ou puisées ça et là, dans divers médias – journaux, revues, ouvrages esthétiques ou historiques –. Elles sont recopiées, retouchées et retravaillées sous forme d’esquisses et de carnets de croquis afin d’en cerner la substance. Diverses représentations figurées qui font chemin avec l’artiste, le nourrissent et donnent corps à son œuvre.

Rien ne s’oublie, tout laisse une trace

Il se tisse, d’une forme à l’autre, une trame arachnéenne où s’entrelacent espoirs et désillusions, liés à des temps passés, présents et à venir. Des tattoos tabous gravés dans l’os à défaut de peau. L’idée étant d’atteindre le soubassement des fantasmes humains. Une boîte de Pandore dont la forme aurait celle d’un crâne, siège de la conscience et symbole de la vanité à laquelle nous sommes tous confrontés. Le Temps, la Mort, le Sexe, fondements humains traversant l’imaginaire de siècle en siècle et dont les références, à l’heure actuelle, délaissent la représentation hautement codifiée du XVIIe siècle pour adopter le parti pris d’une mise en acte du processus de corruption qui spécifie l’homme. Jouissance de la vie tout autant qu’angoisse de la finitude, Éros et Thanatos ont partie liée et nous invitent, encore et toujours, à leur danse dionysiaque.

Souviens-toi que tu vas mourir

L’art est une manière de rendre manifeste ce qui ne peut se laisser saisir, de l’instaurer dans la permanence de la trace. Un processus cathartique dont la finalité passe par le faire et son résultat. Dessiner à bras-le-corps, étendu sur la toile, dans un geste répété, effréné, à la fois concentré et  instinctif, dans l’élan pulsionnel d’une écriture automatique. Un cadavre au goût exquis s’esquisse…

Une décharge, s’il en est, d’un trop plein d’énergie. L’artiste met à profit  tant l’inconscient que la force du bras et guide ces lignes tracées, barrées, saturées, et minutieusement interconnectées, pour nous faire passer d’un motif à l’autre, d’un souvenir flou au surgissement de pensées réelles ou secrètes voire même abstraites. Un éveil vers d’autres possibles…

Sang bleu

Le contour squelettique permet de canaliser ce flux afin qu’il s’étende tel un « all-over » recouvrant l’ossature. Il se compose et se décompose au fil de l’inspiration pour devenir la chair de la pensée, accentuée par quelques phrases, citations ou lapsus qui semblent ouvrir à d’autres horizons, à d’autres interprétations. Une texture vivante, une sorte de virus contrôlé, celui de la vie à l’état brut, sans détours. Un miroir aux multiples reflets où l’on pourrait se regarder et voir l’autre.
Illusion d’un être stable en quête d’un soi autre

« Narcisse », « Ego » et puis une rencontre, « Le Baiser ». Des titres d’œuvres explicites car c’est toujours de l’artiste dont il est question, sans ambages, on l’aura compris. Puisant au cœur de l’être, il se met à nu, la chair saillante, à vif, en attendant que plaie se panse. L’être singulier décliné au pluriel s’offre aux mille et une rêveries, aux mille et un cauchemars qui peuplent nos nuits. La truculence du détail se livre à foison et l’on s’égare dans les multiples dédales du trait bleu saturé à outrance, vaste étendue aqueuse et ténébreuse...

Entre un aspect esthétique proche de la caricature et une vision personnelle proche de la dérision, Dany Danino adopte une distance conceptuelle vis-à-vis de son propos. Un travail orgiaque, sans fausse pudeur, une forme de corps à corps existentiel entre l’artiste et son support d’où se dégage une intense volonté d’être au monde, dans l’espoir d’embrasser l’esprit d’une époque et ses multiples tourments.

Catherine  Henkinet - Catologue Flesh I - November 2009

 

 





















































































































































































































_______________________________________________

FLESH II

Ianchelevici Museum - La Louvière

May 2011 

Flesh I - Vue d'ensemble

Flesh I - Vue d'ensemble

Flesh I - Le Baiser

Le Baiser - 2m50 X 2m15 - Pen

Flesh I - Le Baiser - Détail

Le Baiser - Detail

Flesh I - Narcisse

Narcisse - 2m50 x 2m15 - Pen

Flesh I - Narcisse - Detail

Narcisse - Detail

Flesh I - Ego

Ego - 2m50 x 2m15 - Pen

FleshI - Ego - Detail1

Ego - Détail

Flesh I - Ego - Détail 2

Ego - Détail 2

Flesh I - Ego - Détail3

Ego - Détail

Flesh II Nightmare

Nightmare

FleshII Nightmare Detail

Nightmare - 1m20 x 1m80 - Detail - Pen Lithography

FleshII Nightmare Detail

Nightmare - Detail

FleshII Nightmare Detail

Nightmare - Detail

FleshII Nightmare Detail

Nightmare - Detail

Flesh II Self-Portrait

Self-Portrait - 1mx70 - Pen Lithography